You are here

Maladie des rosiers avec photos : guide visuel pour reconnaître et soigner

Un rosier malade ? Une œuvre à 4 mains entre l’artisan Nature et l’artiste jardinier. Mais encore faut-il savoir intervenir. On vous explique comment.

11 min
Décoration
8 January 2026 à 19h51

Un rosier malade n’est jamais un échec. Il est une performance artistique à 4 mains entre l’artisan Nature et l’artiste jardinier. Une fresque vivante de drame et de résilience, de chaos et d’harmonie. Une invitation à intervenir pour la sublimer.
Encore faut-il savoir comment. Car pour chaque symptôme, les causes peuvent être multiples. Et pour chaque cause, les solutions pullulent (pour le meilleur comme pour le pire).
Alors, préparez-vous à en prendre plein les yeux. Car je vous ai compilé le guide le plus complet, détaillé et visuel qui soit sur les maladies du rosier.
En bonus : un plan d’action en 3 étapes pour en venir à bout, une (très) grosse dose de conseils de prévention, et des remèdes naturels à copier-coller.
Prochainement sur vos écrans : "La Casa de Rosado" — Saison 2.

Identifier la maladie de votre rosier grâce aux symptômes visuels 📸

Peut-on sérieusement prétendre aimer les jardins si l'on ne prend pas le temps d'observer ? L'observation, voilà bien le premier des arts du jardinier. Avant même de brandir pulvérisateur ou incantation, il s'agit de regarder, vraiment. J'ai vu plus d'histoires dans une feuille tavelée que chez certains romanciers à succès. Voici donc ma galerie de portraits, un diagnostic à opposer aux drames horticoles :

Un rosier malade a bien plus de choses à raconter qu'on ne l'imagine. Chaque symptôme mérite son analyse approfondie et une réponse adaptée, digne d'un amateur éclairé plutôt que d'un exorcisme horticole.

Diagnostic express : galerie de portraits des maladies du rosier

| Symptôme visuel (le portrait) | Coupable probable | Niveau de drame (sur 5 🌹) | Première réaction (à chaud) |
|:-----------------------------------|:------------------------------|:-----------------------------|:--------------------------------------------|
| Feutrage blanc poudreux sur feuilles, tiges et boutons | Oïdium (Podosphaera pannosa) | 3 🌹🌹🌹 | Aérer autour du rosier, éviter d'humidifier le feuillage |

Oïdium sur feuille de rosier

| Taches noires avec auréoles jaunes | Marsonia (Diplocarpon/M. rosae)| 4 🌹🌹🌹🌹 | Ramasser les feuilles tombées rapidement ! Prêle en décoction |

Marsonia taches noires sur rosier

| Pustules orange poudreuses sous les feuilles | Rouille (Phragmidium mucronatum) | 3 🌹🌹🌹 | Supprimer et brûler les parties atteintes |

Rouille pustules orange sous feuille rosier

| Feuille jaune avec nervures vertes | Chlorose ferrique | 2 🌹🌹 | Amendement ferreux/anti-calcaire dans le sol |

Chlorose feuille jaune nervures vertes rosier

Feutrage blanc et poudreux : manifestation de l'oïdium

L'oïdium transforme le rosier en une installation éphémère, un voile blanc trop envahissant qui s'incruste sur feuilles, bourgeons ou jeunes rameaux lorsque chaleur et humidité se combinent.

Le détail important : ce duvet blanc s'enlève au doigt, contrairement au mildiou qui laisse des marques durables. L'agent responsable est Podosphaera pannosa.

Oïdium sur feuille de rosier

Taches noires et auréoles jaunes : symptôme du Marsonia

Ces taches noires bien rondes, cerclées d'une auréole jaune, sont la signature de Marssonina rosae (alias Diplocarpon rosae). La feuille jaunit puis tombe, laissant le rosier dénudé.

Marsonia taches noires sur rosier

Pustules orange sous les feuilles : manifestation de la Rouille

La rouille se manifeste par des pustules orange poudreuses en rangées sous les feuilles. Le responsable est Phragmidium mucronatum, expert du camouflage.

Rouille pustules orange sous feuille rosier

Feuilles jaunes avec nervures vertes : symptôme de la Chlorose

La chlorose n'est pas causée par un champignon, mais par un sol trop calcaire ou compact qui empêche la plante d'absorber le fer. Cela provoque des feuilles jaunes avec nervures vertes.

Chlorose feuille jaune nervures vertes rosier

Analyse détaillée des maladies : Oïdium, Marsonia et Rouille 🔍

Ce théâtre fongique permanent peut sembler décourageant, mais avec un peu de méthode et de lucidité, chaque maladie peut être maîtrisée. Voici les détails essentiels.

L'Oïdium : un manteau blanc à combattre

L’oïdium se développe dans des conditions de promiscuité, manque d’air, et alternance de nuits humides et journées chaudes. Il se manifeste par un feutrage blanc poudreux sur feuilles jeunes et bourgeons, parfois accompagné d'une odeur moisie.

Voici les étapes à suivre pour lutter efficacement contre l’oïdium :

  1. Taille rigoureuse : Coupez sans hésiter les parties atteintes et éliminez-les.
  2. Pulvérisation bicarbonate + savon noir : Mélangez 5 g de bicarbonate de soude et 1 cuillère à café de savon noir par litre d’eau. Pulvérisez sur les feuilles atteintes, répétez tous les 7 à 10 jours si nécessaire.
  3. Traitement au soufre (en dernier recours) : Utilisez un traitement au soufre en respectant les dosages, une fois par saison maximum, pour éviter de nuire à la vie du sol.

Dans ma jeunesse, j'ai essayé le lait dilué à 10% comme recommandé par certains sites anglo-saxons, mais le résultat fut un parfum désagréable et une efficacité limitée dans nos conditions.

Le Marsonia (taches noires) : un parasite à combattre

Le marsonia se manifeste par des taches noires bien délimitées, auréolées de jaune, souvent dues à un arrosage par le dessus. Cela favorise la maladie et provoque la chute prématurée des feuilles.

Stratégie efficace pour lutter contre le marsonia :
- Ramassage rigoureux des feuilles malades dès leur chute, car l’infection hiberne dans ces débris.
- Décoction de prêle (Equisetum spp.) en pulvérisation préventive ou au début de l’attaque : la silice renforce les tissus du rosier.
- Bouillie bordelaise : à utiliser en dernier recours, uniquement sur les zones touchées, car le cuivre est toxique pour le sol.

Anecdote : un collectionneur arrosait ses rosiers matin et soir sur le feuillage, ce qui a favorisé le marsonia. Résultat : des rosiers tachés et malades.

La Rouille : un parasite à maîtriser

La rouille se propage par des spores orange libérées par les pustules, surtout au printemps humide ou en automne tiède.

La lutte contre la rouille demande organisation et rigueur :
- Prévention avec purin d’ortie : pulvérisez toutes les deux semaines dès mars-avril, au pied et sur le feuillage sain, pour renforcer la résistance.
- Élimination immédiate des feuilles atteintes, car la rouille ne se guérit pas une fois installée.
- Gestion rigoureuse des déchets végétaux infectés.

Ne compostez jamais les feuilles atteintes par la rouille ou le marsonia. Cela revient à conserver le problème pour l'année suivante. Jetez-les à la déchetterie ou brûlez-les.

Même en cas d’attaque sévère, une bonne taille et une prévention naturelle peuvent souvent sauver un rosier mieux qu’un traitement chimique.

La pharmacie naturelle du jardinier : bon sens et remèdes efficaces

Les rayons jardinerie regorgent de produits aux promesses souvent exagérées, parfois dangereux pour la biodiversité. Voici mon carnet secret de remèdes naturels, efficaces et respectueux.

Les remèdes miracles du commerce sont souvent des illusions qui appauvrissent le sol. La vraie élégance consiste à travailler avec la nature, pas contre elle.

Remèdes naturels et préventifs recommandés

  • Décoction de prêle : Récoltez 100 g de tiges fraîches ou 20-50 g sèches, faites macérer dans 1 L d'eau froide pendant 2 heures, puis portez à ébullition 30 minutes à couvert. Filtrez et pulvérisez sur feuilles et sol chaque semaine en période à risque. La silice contenue renforce les parois cellulaires.
  • Purin d’ortie : Hachez 1 kg d’orties fraîches dans 10 L d’eau, laissez fermenter à l’extérieur environ 10 jours jusqu’à disparition des bulles, puis diluez à 10 % avant pulvérisation. Ce purin dynamise la plante et renforce ses défenses.
  • Bicarbonate de soude + savon noir : Mélangez 5 g de bicarbonate et 1 cuillère à café de savon noir par litre d’eau. Pulvérisez sur feuilles saines chaque semaine lors des périodes à risque.

Complétez avec :
- L’achillée millefeuille (macération ou infusion) et la reine-des-prés : alliées précieuses contre les maladies cryptogamiques.

Anecdote : un rosier a récupéré après trois traitements alternés prêle et ortie, alors que son propriétaire pensait qu’un fongicide systémique était indispensable.

Traitements curatifs : recours à l’artillerie lourde

Si l’épidémie persiste malgré les soins naturels, il faut parfois utiliser des traitements plus puissants. Cependant, le cuivre (bouillie bordelaise) et le soufre sont efficaces mais toxiques pour la vie du sol s’ils sont mal utilisés.

  • Le cuivre s’accumule dans la couche superficielle du sol, asphyxiant bactéries et vers si les doses sont dépassées ou renouvelées chaque année sans raison. Au-delà de 200 kg/ha cumulés sur plusieurs décennies, la respiration microbienne est fortement réduite.
  • Le soufre, moins persistant mais irritant pour certains auxiliaires du sol et la faune aérienne. Respectez strictement les doses, évitez la floraison pour protéger les abeilles, et appliquez par temps sec et couvert.

Utilisez ces traitements localement sur les parties atteintes et seulement en dernier recours. Il faut éviter de devenir un « apprenti-sorcier » nuisible.

Ce qu’il faut éviter absolument : fausses bonnes idées

Appliquer systématiquement un traitement « au cas où » est un véritable crime contre la biodiversité locale, aussi absurde que de prendre des antibiotiques sans raison.

À proscrire :
- Traitements chimiques préventifs répétés sans symptômes : cela favorise les pathogènes résistants et détruit les alliés naturels.
- Excès d’engrais azoté : favorise une croissance rapide mais fragile, attirant maladies et pucerons. Le feuillage pousse au détriment de la rusticité.
- Négliger la potasse dans la fertilisation conduit à des plantes mousses et vulnérables aux stress climatiques.
- Négliger le BRF (bois raméal fragmenté) revient à passer à côté d’un amendement essentiel pour un sol vivant et un rosier résistant.

Il est préférable de consacrer du temps à enrichir son sol avec du compost mûr ou du BRF plutôt que d’accumuler des produits chimiques.

Cultiver la résilience pour un rosier en bonne santé 💪

La maladie d’un rosier ne se maîtrise pas uniquement avec des traitements. La prévention est la clé. Tout commence bien avant la première feuille malade, avec la sélection, la structure de la plante et des gestes simples au quotidien.

Choisir un rosier résistant dès le départ

Tous les rosiers ne se valent pas. La lutte commence dès le choix, en privilégiant les variétés labellisées ADR (Allgemeine Deutsche Rosenneuheitenprüfung), qui ont prouvé leur résistance aux maladies sans traitement.

Certains choisissent au coup de cœur, mais pour éviter les soucis, préférez des variétés comme ‘Bonica’, ‘The Fairy’ ou ‘Sahara’, toutes labellisées ADR, un investissement pour la tranquillité.

Planter en respectant l’espace et l’aération

Un rosier mal placé est plus sujet aux maladies. Considérez-le comme une œuvre d’art nécessitant un espace vital, comme une sculpture dans un musée.

Respectez les distances recommandées :
- Rosier buisson ou massif : au moins 50-60 cm entre pieds, davantage si le sol est lourd.
- Rosiers grimpants : 1,5 à 2 m selon la taille adulte.
- Pour les couvre-sols, prévoyez au moins 80 cm pour éviter l’étouffement.

Cet espace permet une bonne circulation de l’air et du soleil, limitant l’humidité stagnante et les spores. Un sol bien drainé, travaillé sur 40-50 cm, favorise la santé racinaire.

Près d’un mur, laissez au moins 40 cm entre le pied et la maçonnerie pour que la pluie puisse rincer le rosier.

Taille et arrosage : gestes essentiels

La taille est un acte de clarification pour ouvrir le rosier à la lumière et à l’air. Coupez les branches mortes ou malades et nettoyez vos outils entre chaque plante pour éviter la propagation des maladies.

Arrosez uniquement au pied, jamais sur le feuillage, pour éviter les maladies fongiques. Arrosez de préférence le matin pour que la plante sèche rapidement.

Un arrosage au pied hydrate la plante efficacement sans favoriser la prolifération des champignons sur le feuillage.

Anecdote : un particulier taillait ses rosiers très court mais les plantait trop serrés, créant une atmosphère humide propice aux maladies malgré les traitements.

Comprendre le message de votre rosier malade

La maladie n’est pas seulement un ennemi : la rose est un symbole complexe, mêlant beauté et fragilité. Voir le rosier comme un être vivant qui communique est essentiel.

Rosier ancien feuilles tachetées symbolique artistique

Un pétale abîmé rappelle la fragilité de la vie, comme dans les natures mortes flamandes. Chaque tache ou pustule est un message codé sur l’état du sol, de l’air ou du climat.

Il est important d’accepter que jardiner ne consiste pas à tout contrôler. Prendre soin de ses rosiers, c’est être un restaurateur d’œuvre vivante, accompagnant ses transformations.

Chaque feuille jaunie ou marquée est un message. Il faut y répondre avec discernement et sensibilité, non avec panique ou traitements chimiques systématiques.

Cette philosophie du soin consiste à reconnaître l’impermanence et à valoriser la résilience. Vos rosiers ne sont pas un échec, mais une invitation à comprendre leur langage. Chaque intervention devient alors une conversation créative avec votre jardin.

2020-2026 MediaGroup. Marque déposée. Tous droits réservés.